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« Variabilité des stratégies de subsistance des groupes de chasseurs-cueilleurs du Middle Stone Age à la fin du pléistocène en Afrique du Sud »

Lundi 20 mai 2019 à 16h30 (Amphi IPH), par Aurore Val (Alexander von Humboldt Fellow, Universität Tübingen, Germany & Evolutionary Studies Institute, University of the Witwatersrand, Johannesburg, South Africa)

par Daujeard Camille - publié le , mis à jour le

« Variabilité des stratégies de subsistance des groupes de chasseurs-cueilleurs du Middle Stone Age à la fin du pléistocène en Afrique du Sud » par Aurore Val

Depuis le milieu des années 1990, les recherches sur le Middle Stone Age d’Afrique australe se sont très fortement concentrées autour d’une demi-douzaine de gisements. Plusieurs découvertes archéologiques majeures provenant de ces sites ont permis de démontrer l’existence de comportements innovants et complexes au sein de populations d’hommes et de femmes Homo sapiens, avant la sortie d’Afrique. Cette étape de la recherche, essentielle à notre compréhension de l’évolution technologique, culturelle et comportementale de notre espèce, demande aujourd’hui à être dépassée. D’une part, les gisements étudiés appartiennent, à une exception près, à un biome très particulier d’Afrique australe, le Fynbos, au climat et à la végétation de type méditerranéen, et ils se situent tous soit sur le littoral, soit à proximité de ce dernier. D’autre part, les découvertes qui y ont été faites sont associées quasi-exclusivement à deux techno-complexes uniquement, le Still Bay (75-71 ka BP) et l’Howiesons Poort (65-60 ka BP). Pourtant, le Middle Stone Age d’Afrique australe, qui constitue une rupture technologique nette avec les traditions techniques de la fin de l’Early Stone Age (apparition du débitage Levallois et de la production d’éléments laminaires notamment), rupture a priori associée à l’émergence des premiers représentants de notre espèce, commence non seulement bien plus tôt (ca. 280 ka BP), mais également bien loin des côtes, dans les régions de savane des hauts plateaux de l’intérieur. Pour finir, un des modèles proposés pour expliquer l’apparition des innovations techniques et comportementales du Middle Stone Age envisage un lien direct de causalité avec l’accélération des oscillations climatiques associées à la fin du Pléistocène. Tester la validité de ce modèle requiert de mieux comprendre, dans un premier temps, l’impact des conditions environnementales et climatiques sur les ressources animales disponibles d’un biome à l’autre et, dans un deuxième temps, dans quelle mesure l’abondance et le type de proies disponibles influencent les choix techniques et comportementaux des groupes humains du Middle Stone Age. Je propose ici quelques pistes de réflexions s’appuyant sur les données issues de la littérature ainsi que sur les résultats de mes travaux de recherche portant sur l’analyse taphonomique et archéozoologique de restes de faune (avifaune, petits mammifères et ongulés) provenant de sites en abris sous-roche appartenant à différents biomes d’Afrique australe : Bushman Rock Shelter (savane), Sibudu Cave (biome semi-tropical de la ceinture océanique indienne) et Diepkloof Rock Shelter (Fynbos, biome de type méditerranéen). L’objectif est d’explorer la variabilité des comportements de subsistance à travers la région ainsi que la nature du lien entre ces derniers et les conditions environnementales et climatiques propres à l’Afrique australe.

Figure. Vue générale de l’abri Diepkloof dans le Western Cape (Afrique du Sud)